Déborah, ma petite pute à moi
- 1 (extrait)
J'ai cinquante-deux ans et je suis notaire dans
une grande ville de province. Je vivais seul jusqu'à ces
derniers mois, bien que j'aie été marié durant
plusieurs années avec une épouse qui me rendait souvent
la vie infernale. J'ai décidé de m'en séparer
il y a maintenant douze ans et je n'ai jamais eu à le regretter.
Je me suis jeté à corps perdu dans le travail et je
possède aujourd'hui le plus grand office notarial du département.
J'ai de nombreux collaborateurs, ce qui m'a permis de lever le pied
après un petit accident cardiaque survenu il y a déjà
deux ans de cela. Aujourd'hui je m'occupe principalement des relations
publiques de l'entreprise et j'ai beaucoup diminué mon activité
professionnelle au quotidien. Mes employés travaillent pour
moi et je profite de la vie comme je n'avais encore jamais pu le
faire jusque là. J'essaye de prendre les choses du bon côté,
en relativisant ce qui avait tellement d'importance à mes
yeux auparavant et qui m'apparaît parfois si futile depuis
que j'ai eu mon problème de santé.
C'est la raison pour laquelle j'ai brusquement décidé
de partager à nouveau mon quotidien avec une femme. C'est
fait depuis trois mois maintenant et je dois avouer que je suis
pleinement satisfait de mon choix, à tel point que je me
demande parfois comment j'ai pu passer toutes ses années
sans Déborah ou l'une de ses semblables à mes côtés.
Je me dis que j'étais vraiment idiot de privilégier
à ce point ma vie professionnelle au détriment, notamment,
de mon épanouissement sexuel. Evidemment, pendant ces douze
années, j'ai eu des aventures. Quand on est, comme moi, un
notable reconnu de sa ville avec, je dois la dire, la belle prestance
et la tranquille assurance d'un quadragénaire arrivé,
on n'a guère de mal à faire l'amour quand le besoin
s'en fait sentir. J'ai sauté pas mal de mes clientes et encore
plus de femmes parmi les épouses de mes amis. Mais je n'ai
jamais réellement été satisfait par ces petits
arrangements, les cinq à sept foireux avec des bourgeoises
en mal de reconnaissance, les maîtresses exigeantes et pourtant
si prévisibles une fois mises au lit. Enfin, tout ce qui
fait l'ambiance des films de Chabrol, dans une moindre mesure cependant.
Mon accident cardiaque a mis temporairement un frein à ce
genre d'activités physiques et j'en ai profité pour
cesser d'entretenir des maîtresses qui, en plus d'être
coûteuses, commençaient de toute façon à
singulièrement me porter sur le système. Les femmes
sont toujours si compliquées.
Lire
la suite...
|