Dominique l'androgyne - 1 (extrait)
Lorsque j'étais petite fille, j'avais droit
à tous les compliments de mes proches. J'étais toujours
la plus belle, la plus adorable et les gens me trouvaient mignonne.
Les choses se sont gâtées à l'adolescence et
c'est encore pire maintenant que je suis censée être
une vraie femme. Cela n'a rien à voir avec mon visage, dont
je suis fière et qui fait toujours craquer les gens. Non,
le problème viendrait plutôt de mon corps. J'ai vingt-deux
ans et j'ai toujours les formes d'une gamine. Je n'ai pas pris garde
à cet aspect des choses alors que, vers treize ans, mes copines
du collège comparaient leurs poitrines naissantes. Je me
pensais tout simplement un peu en retard sur elles et je ne prêtais
pas vraiment attention à leurs sourires moqueurs et aux remarques
perfides des plus méchantes d'entre elles. Plus tard, au
lycée, j'avais bien d'autres choses à penser, tout
comme les autres filles qui partageaient avec moi la classe de très
bon niveau que je fréquentais. Pourtant, il m'arrivait parfois
d'envier leurs belles paires de seins quand je pouvais les entrevoir,
après une séance de sport au gymnase ou à la
piscine. Pour ma part, je devais me contenter de deux petits monticules
à peine visibles et qui disparaissaient presque entièrement
lorsque je portais un sweat-shirt ou un pull-over un peu ample.
Aujourd'hui on ne m'appelle plus Dodo comme quand j'avais dix ans,
mais Dominique. Je n'ai jamais aimé ce prénom que
mes parents m'ont donné. Je trouvais que ça ne convenait
pas pour une fille, d'autant plus que l'un de mes premiers instituteurs
portait le même. En fait, je n'ai pas de chance : j'ai un
prénom qui colle avec mon physique androgyne. Je n'ai toujours
pas plus de poitrine maintenant et mes hanches sont étroites
comme celles d'un tout jeune homme. J'ai quand même une taille
mais on ne peut pas dire qu'elle soit mise en valeur par des rondeurs
comme elles devraient l'être normalement. Je n'ai pas les
fesses très rebondies et, de dos, on peut me prendre pour
un mâle sans la moindre difficulté. C'est encore plus
vrai quand je porte un pantalon ou un survêtement. Lorsque,
pour sortir, j'enfile une robe ou une jupe et que je me regarde
dans le miroir, j'ai bien du mal à me trouver féminine.
J'essaye de rattraper le coup en laissant pousser mes cheveux, mais
cela ne m'a pas empêcher de vivre des expérience bizarres,
y compris avec des hommes qui préfèrent les hommes.
Ce sont ces aventures que je veux vous raconter aujourd'hui.
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